A quoi sert la curation de contenu et qui en sont les acteurs ?

By Christopher Parola, on March 18, 2015
6 min

Nous en avons parlé dans l’article précédent : la curation de contenest l’art de sélectionner, éditorialiser et partager du contenu. Il est donc temps de nous demander à quoi sert la curation de contenu ? Et pour y répondre, intéressons nous à chaque acteur de cette pratique : le lecteur, le curateur, et l’entreprise dans le cadre d’une curation collaborative.

Le curateur


Le curateur réalise sa veille personnelle et tient à l’enrichir et l’ordonner pour la diffuser à son audience. Il est dans une démarche d’ouverture et de partage, et croit en cette phrase de Socrate : “le savoir est la seule matière qui s'accroît quand on la partage”.

Quels sont les gains ?

Démontrer son expertise sur un sujet. A force de partager des contenus en les éclairant de son point de vue, il va petit à petit prendre une place importante sur ce sujet et se faire identifier comme expert au sein de sa communauté.

Enrichir son savoir grâce aux retours et avis. Proposer une analyse de contenus et les diffuser va lui permettre d’obtenir des retours d’un groupe d’experts qui le suivent, et bien souvent d’aller plus loin grâce à des articles connexes.

Quelles sont les limites ?

Certains iront jusqu’à dire que la curation est “moins chère que de créer son propre contenu”. Nous parlerons dans un prochain article des limites morales et juridiques de ces approches, mais notre conviction est que la curation n’est pas une méthode pour se créer une réputation sans enrichir le savoir.

Le lecteur


Le lecteur fait face à de plus en plus de contenus, et a le choix entre s’appuyer sur l’aide d’algorithmes ou d’humains pour trier son savoir. Le succès de plates-formes telles que Twitter démontrent que les individus ont besoin d’aide pour filtrer et naviguer au sein d’un contenu toujours plus présent sur Internet ; d’ailleurs, victime de son succès et constatant qu’au delà d’une centaine d’influenceurs suivis le flux n’était plus exploitable, Twitter a racheté Tweetdeck qui permet d’organiser en un dashboard exploitable.

Quels sont les gains ?

Gagner du temps dans la recherche de contenus. Si le lecteur identifie les curateurs les plus pertinents pour lui, il va avoir immédiatement à disposition des articles d’une grande qualité.

Bénéficier d’une analyse d’expert. Si trouver des contenus sur Internet est chronophage mais possible, bénéficier du regard d’un expert sur un sujet spécifique n’est pas aisé. La curation implique cette analyse, et donne accès à un savoir enrichi.

Découvrir de nouveaux domaines. Il existe des curateurs diffusant leur savoir sur des domaines variés : se baser sur les contenus recommandés par des experts de ce domaine est une bonne entrée en matière.  

Quelles sont les limites ?

Les lecteurs ont parfois tendance à ne s’entourer que de personnes expertes sur le même sujet qu’eux : dans ce cas, l’ouverture à de nouveaux domaines peut être compliquée, surtout lorsque l’outil que l’on utilise recommande automatiquement des contenus et ne permet pas une navigation libre.

L’entreprise


La curation est présentée depuis son arrivée en France comme un moyen plus économique de faire du Marketing. La déferlante de l’Inbound Marketing, cette pratique proposant de diffuser du savoir et du contenu de qualité à votre audience plutôt que de la publicité froide, a contribué à cette vision.

Loin de nous l’idée de démentir ce fait : partager des contenus rédigés par d’autres, en les enrichissant, est effectivement un moyen de gagner une audience fidèle.

Cependant, dans cette course au marketing et à un meilleur référencement, nous pensons que nous avons oublié un enjeu majeur pour les entreprises : permettre la collaboration autour de contenus pertinents.

Quels sont les gains ?

1 - Limiter l’engorgement des boîtes mails et l’infobésité :

Un collaborateur passe en moyenne 14% de son temps à traiter ses mails, chiffre atteignant les 30% lorsque l’on regarde les cadres. Les mails contenant des liens ne sont pas des mails urgents : ces liens pourraient être partagés sur un média froid, et consultés uniquement lorsque le collaborateur en a le temps et l’envie.

Nous nous sommes prêtés à une simulation. Imaginez que vous épargnez à vos collaborateurs un mail par jour travaillé, et que le traitement d’un mail coûte 10 secondes, alors vous pourriez éviter un gaspillage de 36h par an.

2 - Identifier et faire briller ses experts :

Tous les collaborateurs d’une entreprise font de la veille à leur échelle, mais ne la partagent pas forcément faute de moyens et de valorisation de ce travail.

Mettre en place cette dynamique leur permettra de prendre la parole, se faire identifier comme référent sur leurs expertises et de briller au sein de votre entreprise.

3 - Se former en continu grâce à un nivellement par le haut :

Nous le savons, le monde bouge trop vite aujourd’hui pour que les formations “officielles” soient suffisantes. Tous vos collaborateurs ont besoin de se former en continu.

Tous vos collaborateurs auront accès aux contenus sélectionnés et enrichis dans le contexte de votre entreprise. Cela vous permettra de favoriser l’innovation et faciliter les échanges entre collaborateurs.

4 - Capitaliser le savoir collectif :

Pour paraphraser Amadou Hampâté Bâ qui écrivait “quand un vieillard meurt c'est une bibliothèque qui brûle”, on pourrait dire que “quand un collaborateur quitte l’entreprise, c’est une bibliothèque qui brûle”.

Il est aujourd’hui indispensable de capitaliser les connaissances partagées par vos collaborateurs dans un espace qui vous permettra de les archiver et les retrouver facilement.

5 - Donner un sens à la collaboration dans votre entreprise en plaçant l’humain au coeur du système :

Enfin, mettre en place un programme de curation au sein d’une entreprise revient à mettre en avant votre confiance dans les capacités des collaborateurs, ce qui a un impact fort en terme d’engagement.

Nous l’avons vu dans notre article sur l’avenir de la curation en entreprise, 78% des collaborateurs invités à un programme de curation lisent ou partagent du contenu, ce qui représente un fort engagement.

Quelles sont les limites ?

Les entreprises ne doivent pas voir la curation comme un moyen d’arrêter leurs programmes de Knowledge Management, ou un remplacement à leurs cellules de veille. Il s’agit bien d’un nouveau mode d’identification de contenus pertinents.

De plus, les entreprises doivent garantir un espace de liberté dans la prise de parole ; pas de censure qui risquerait de ne générer qu’un partage de contenus froids, empêchant l’émergence de contenus de qualité.


En conclusion, nous pouvons dire que l’ensemble des acteurs de la chaîne de la curation sont gagnants quand cette pratique est mise en place.

Nous croyons que l’enjeu marketing n’est pas antinomique de l’enjeu de collaboration au sein des entreprises, mais qu’il est réducteur d’utiliser la curation à cette seule fin. En effet, l’entreprise pourra toujours communiquer sur le savoir collectif et atteindre ses objectifs en terme de référencement et marketing, mais il s’agit là de la cerise sur le gâteau !

Et vous, avez-vous perçu les gains de la curation ?

Sources :

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About the author
Christopher Parola is the product manager and the co-founder of elCurator.